Les thèmes du roman Gargantua

Maintenant que vous avez fait part de vos difficultés de lecture et de vos impressions concernant surtout le début du roman, essayons ensemble de cerner le sens de cette œuvre.

Pouvez-vous me dire de quoi parle cette œuvre? Quels sont les thèmes, les sujets abordés?

7 thoughts on “Les thèmes du roman Gargantua

  1. Selon mes impressions, une idée où l’auteur veut que les lecteurs pensent autre que ce qui est évident(think outside the box en anglais) dans les 2 chapitres où Rabelais justifie les couleurs de Gargantua, en analysant les étape qui se passe dans la tête des gens quand ils associent une couleur avec un sens(ici, c’est un caractère)est présente.
    Dans ce chapitre l’auteur essaye de donner des sens plus inhabituelles aux couleurs qu’il a choisi pour Gargantua(Bleue et blanche,qui représente normalement la Noblesse et la pureté) , pour moi c’est une indice qu’il fait recour aux lumières (16e siècle) .
    Cette idée que Rabelais fait recours aux lumières a aparu plusieurs fois:
    -Les 2 chapitres où il argumente avec les sens des couleurs qui ont une connexion avec la Noblesse.
    -C’est une oeuvre écrite au 16e siecle, sous le pouvoir absolu de loulou14,l’époque où tout critique contre le Roi sont banies
    -Dans le chapitre qui parle de son adolescence, c’est dit qu’il a pissé contre le soleil, peut être symbole du Roi Soleil(?)
    -la vulgarité insisté par l’auteur peut avoir une connexion avec la recherche de se battre par le movement du classicisme imposé par le cour(où on dit jamais et rien de honnête pour politesse)
    la lecture est devenu plus modéré et rapide et je m’excuse pour mon absence dû à l’accès internet difficile(j’ai utilisé tout mes data).

    1. Eric, tu as bien réfléchi aux différents sens que peuvent prendre les références dans le roman. C’est intéressant et c’est l’attitude qu’il faut développer devant des œuvres du XVIe siècle, dans lesquelles, comme tu le dis, l’auteur cherche souvent à faire deviner des sens cachés (outside the box).
      Veille à bien distinguer le XVIe du XVIIe siècle, le XVIe siècle est le siècle de François premier, des guerres d’expansion de la France en Europe, c’est l’époque de la Renaissance, c’est-à-dire de la découverte des textes antiques, et des guerres de religion entre le catholicisme et le protestantisme.
      Merci pour tes remarques précises et approfondies qui montrent un recours pertinent au contexte de l’œuvre.

  2. Après d’avoir fini le roman je pense qu’on peut dire que il y a une très grande partie du récit est consacrée sur les institutions de l’Eglise et sur l’humanisme.
    J’ai pu observé que rabelais critiquait l’église à traver les questions de Gargantua quand ce dernier demande le moine les raisons dont les moines se referment dans leurs églises égoïstement (ignorant le peuple en difficulté),
    vivre avec des privilèges, et de se nourrir des prêchés du peuple quand ils font des choses honteux secrètement.~chap.40
    L’abbaye de Thélème est une partie où je pense que l’auteur veut exprimer tout ses incomprehensions sur les règles des abbayes.Selon les chapitres on peut dire que l’abbaye idéale de l’auteur est une place où tout croyants avec une bonne intention ont le droit d’y vivre,de vivre en liberté(activité,manières de se vetir)…en proclamant que tout être est naît avec la bonne volonté.
    L’humanisme est une thème qui a un moments symbolique dans l’histoire.Selon moi, c’est le passage où Grangousier décide d’acueillir touqueduillon ,oubliant la haine,pour faire un amis et son nouveau bras droit:on peut voir cela comme le désir d’aller plus loin que la haine afin de retrouver la paix voulu(idée d’une évolution de l’esprit et de la mentalité->humaniste).
    Par contre je n’ai pas compris le sens de l’enigme tout à la fin

    1. Bravo, la critique de la religion et, comme tu le précises, des égoïsmes des moines est un thème majeur chez Rabelais.
      Le chapitre de l’abbaye de Thélème est très important car il dessine une utopie, un lieu “topos” qui n’existe pas “u-“.
      Mais est-ce l’opinion de l’auteur ou du narrateur? Le narrateur est-il le porte-parole de Rabelais?
      La portée morale du personnage de Grangousier est à prendre au premier degré ou pas?
      Personne ne peut vraiment répondre à ces questions, tellement Rabelais nous perd dans ses jeux de points de vue et de critiques ironiques.
      Mais le fait de relier l’attitude de Grangousier à celle de l’humanisme est une très belle piste.

      L’énigme de la fin, n’est-elle pas le miroir de celle du début? Ne sert-elle pas à perdre encore davantage le lecteur en faisant croire à un sens caché, comme la substantifique moelle que recherche le chien de Socrate du début?

    2. Je voudrais faire remarquer que c’est également ironique que le moine aidant Gargantua dans sa croisade contre Picrochole puisse massacrer des milliers de soldats parce-qu’ils ont saccagé ses vignes. Selon moi Vie Humaine > Vie des petits raisins. Ne pas avoir de vin pour faire la messe n’est il moins grave que des milliers de foyers du royaume de Picrochole ne revoyant plus jamais leur hommes???!!!!! Scandaleux. Dieu ne pardonne-t-il pas? Les scène où le moine achève les soldats qui lui imploraient de leur épargner la vie m’ont fait au cœur. Ici, encore c’est une critique de l’Eglise pour dire que l’Eglise a tendance à se placer au centre du monde et être contradictoire.

      1. Mais je trouve la description du massacre du moine épique (dans le sens d’aujourd’hui) digne d’un film de Tarantino.

  3. Je pense que Rabelais veut aussi se moquer du roman du Moyen Age et des épopées héroïques. Il sature l’histoire d’incohérences volontairement dans un style littéraire parodique. Les omniprésentes thématiques scatologiques accentuent le ridicule des personnages.
    Il veut dénoncer l’absurdité des guerres que se livraient les seigneurs. Picrochole déclare la guerre à Grandgousier de façon injustifiée et disproportionnée pour lui extorquer ses richesses et ses terres. Grandgousier, tout le long, tente ce qu’il peut pour éviter la guerre et lui fait des propositions généreuses. Une politique qui se rapproche de celle des humanistes. Rabelais s’amuse à énumérer le nombre de morts par batailles avec légèreté et les différentes façons par lesquelles le moine les liquide pour provoquer chez le lecteur l’effet contraire : lui faire prendre conscience de l’horreur de la guerre. L’épopée est ridiculisée. Pour finir le héros de cette guerre, au lieu d’être un beau glorieux chevalier est un géant obèse qui ne représente pas tellement les valeurs guerrières. Gargantua, n’a pas besoin d’avoir de courage, fidélité ou vaillance étant donné qu’il est invincible et insensible aux plus lourds arsenaux de Picrochole. D’où encore l’absurdité de cette guerre puisque Picrochole n’a aucune chance contre Gargantua.

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